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dimanche 27 mars 2016

Kazakhstan.. Pas besoin de réveil pour cette longue étape..

Le lit était si peu accueillant que l’horloge biologique n’a pas eu besoin de sonner très longtemps. C’est l’aurore et la route est longue.. ( 850 km entre Baikonor et Aktioube) . Le sommier était tellement souple que le gérant de la guest house avait mis des planches en travers pour soutenir en diagonale. Le problème est qu’il n’y avait que trois planches et entre les planches.. il y a des espaces.. .. autant dire que je suis loin d’avoir un bon sommeil réparateur..


Soyons positif. Cela tombe bien, la route est longue.  La steppe.. la steppe.. et la steppe..
Les distance sont telles que, dans nos contrées, nous ne voyons des panneaux avec de telles distances ( plus de 2300 kilomètres)..
La steppe, les industries agricoles dominent cet immense état. Aktioube, véritable capitale administrative,  s’est surtout rapidement développée grâce aux ressources minières.  Aujourd’hui encore, l’architecture moderne (ou plutôt moins massive et plus originale) témoigne de cette évolution.
La ville a constamment joué une position militaire stratégique importante, position qui demeure encore aujourd’hui, même si sa pertinence a beaucoup diminué. La ville en garde néanmoins des traces comme ces avions stationnés au milieu de la ville..




vendredi 25 mars 2016

Kazakhstan.. Jour de galère ...


Rétrospectivement, tout cela semble ridicule. Je suis dans un pays qui attache une importance singulière au circuit des touristes, à leur surveillance.. au point que pour l’obtention des visas, il faut délivrer un circuit précis de circulation. Chaque étape est mesurée, quantifiée.. et moi, dans l’euphorie du lever de soleil et de partir à la fraiche, j’oublie mon sésame.. Il faut payer ses erreurs.. et le seul moyen est de repartir en arrière. Comme je dispose d’un second passeport, la Banque a accepté de me changer de l’argent, j’ai pu faire le plein.  Je repars vers Dzhusaly. Plus d’une heure de route.. Sur le chemin du retour,  les véhicules roulent rapidement. Les chocs avec les chameaux en liberté provoquent des accidents spectaculaires. Sur le bas côté de la chaussée, un gros 4X4 est arrêté, l’avant est complétement enfoncé par suite d’un choc frontal avec un chameau. Je redécouvre la route en sens inverse.

A l’hôtel, .le réceptionniste est parti. Le mot de passeport est international. La femme appelle le veilleur de nuit. Le balai des SMS et du Google Translation russe reprend. Le veilleur de nuit revient à l’hotel. Par Smartphone interposé, il m’explique que mon passeport est au bureau de police local. Nous prenons un taxi pour le commissariat. Les policiers sont en train de s’exercer au stand de tir qui jouxte les bureaux.  Personne ne parle anglais. Je suis conduit par des policiers avec de grandes casquettes vers un comptoir. Le préposé passe divers coups de téléphone avant de me tendre son portable. Il semble avoir atteint un interlocuteur qui s’exprime dans la langue de Skeaspeare. Il me tend son combiné. Mon interlocutrice m’explique que pour me rendre mon passeport, il me faut signer une déclaration à laquelle je ne comprends rien.

 Finalement j’obtiendrais mon passeport après de longues négociations. Le veilleur de nuit et le chauffeur m’ont attendu et me ramènent à l’Hôtel.... il est 13 heures, l’heure du repas. Je m’installe au restaurant ou j’ai pris mes habitudes hier soir. A la sortie, un 4X4 de la police m’attend. Un jeune policier assez arrogant me demande les papiers de la moto et les miens. Je lui explique que je sors du bureau de police.. mais il ne parle pas anglais.. Je suis assez furieux de mon contretemps et le ton monte.. Nous convenons rapidement de nous rendre au commissariat de police ou j’ai passé plus de deux heures. Il finit par acquieser en me demandant de le suivre .. quoiqu’il a bien conscience qu’en moto je peux le semer à tout moment d’autant que la chaussée est assez défoncée. Dans ces conditions, un moto tout terrain va plus vite qu’un 4X4. Je suis passablement énervé et je n’ai nullement l’intention de me laisser faire. A peine arriver devant le commissariat que je prends mon jeune arrogant par le bras et le mène directement au bureau ou j’ai passé plus de deux heures. Le jeune se sent mal à l’aise et moi je suis de plus en sûr de moi. Probablement l’effet des conseils de mon biker polonais.( Marcin)  si tu as un probléme avec la police.. il te pose un problème.. pose leur à ton tour un problème plus paniquant..C’est exactement ce que je suis en train de faire. Mon jeune policier est mal à l’aise. Je lui tiens fermement le bras. Manifestement la technique de Marcin, que j’experimente pour la première fois  fonctionne. Ma détermination bluffe le jeune policier. Ca marche. Dans le bureau ou j’ai signé le papier, le préposé confirme ma version Je repartirais libre. J’ai perdu la matinée.. Il est temps de repartir dans les vastes étendues de steppe..
La route continue. Après Baikounor...J’entame une vaste zone désertique. Les stations-services sont très espacées . ; plus de 300 kilomètres .. il faut être prévoyant..

Les kilomètres s’enchainent.. le désert reste.. désertique..Dans le village de VRGYZ à une douzaine de kilomètres aucun hébergement.


 Je reviens par la piste. A l’intersection de la M32, il y a un restaurant avec des banquettes et quelques routiers.. mais le restaurant ferme.. donc impossible d’y passer la nuit .. En face, il y a une maison ..qui sert de guest house.. le sommier est dans un tel mauvais état que je dormirais à même le sol..



mardi 22 mars 2016

Kazakhstan ..vers le cosmodrome de Baikounor.

Un peu avant 6 heures du matin, la température est douce et le ciel d’un bleu blanchâtre assez pâle. Mon horloge biologique s’est déclenchée. Comme je n’ai pas de petit déjeuner dans l’hôtel, autant rouler à la fraiche de bonne heure. A la réception, personne. Je passe sur l’arrière de l’hôtel pour récupérer la moto. Je vois la cuve vide. Je passe les grilles puis sors de la petite ville située dans un oasis comme le montre la photo satellite ou l’on distingue les points de verdure. A la sortie de la ville, une usine de statue et un panneau indicateur assez défraichie. La distance inscrite donne l’idée de la dimension de cet immense pays cinq fois grand comme l’Hexagone. Samara est à 1500 Kilomètres et la prochaine ville est Baïkonour à une bonne heure de route.
Sur la route, un rapace..le temps de faire quelques photos..
...mais aussi des troupeaux nomades de chameaux au milieu des routes..
c’est l’arrivée au cosmodome.. le seul problème est que le site est un site militaire.. il est donc impossible de rentrer sauf autorisation. J'en suis réduit à prendre des photos de loin..

Le meilleur résumé que j’ai trouvé sur Baikonour est celui du site ( source Destination Orbite.. le site de l’exploration de l’espace)


Le cosmodrome de Baïkonour est le plus connu de l'ex-empire soviétique. C'est depuis cette base de lancement que sont partis Sputnik, Gagarine ou encore les équipages de la station spatiale internationale. S'il est le plus connu, il est le seul que la Russie exploite en dehors de son territoire. Le cosmodrome est situé dans la République du Kazakhstan (pays de l'ex-URSS comme la Russie).
L'histoire du cosmodrome débute en 1954 lorsque les autorités soviétiques décident d'implanter un site de lancement à l'abris des regards pour tester ses missiles intercontinentaux. Il est implaté entre la station ferrovière de Tyuratam et la Mer d'Aral. A son extrémité sud coule la rivière Syr-Daria. Baikonour c'est 6 717 km² de superficie regroupant 8 complexes de lancements en activité contenant en tout 16 pas de tir, 4 pas de tir pour les missiles intercontinentaux, 11 bâtiments d'assemblage et de préparation. Le plus connu est le Mik, hall d'intégration des lanceurs Soyuz. Les installations sont reliées entre elles par 470 km de voies ferrées, 1 281 km de routes.
Si le ciel clair, à raison de 300 jours par an environ est un avantage, les températures le sont moins. En hiver, le mercure peut descendre au-delà de -30°C et grimper à + 30°C l'été.
Baikonour est une installation gérée par les Forces spatiales militaires de Russie et exploitée par Roskosmos (vols habités et ravitaillement de la station spatiale), ILS (lancements commerciaux des fusées Proton), Starsem (vols commerciaux des fusées Soyuz) principalement. Avec la fin de l'URSS, la base spatiale est désormais située sur un territoire étranger. En mars 1994, le Kazakhstan et la Russie ont signé un accord autorisant cette dernière, moyennant une location annuelle de 115 millions de dollars, à poursuivre ses activités pour 20 ans.

A coté du cosmodrome, il y a un petit hameau ou je dois  faire le plein et changer de l'argent . Il est 8h30 des petites filles vont à l'école.
 La Banque n'ouvre qu'à 9 heures.. je dois attendre.. et surprise .. je n'ai pas mon passeport.. Le réceptionniste l'a gardé hier soir car il devait faire une déclaration à la police locale.. et ce matin, je suis parti ..Il n'y avait personne à la réception .. Dans mon euphorie de partir à la fraîche.. j'ai complètement zappé.... et les ennuis c'est maintenant...
..enfin ce sera lors du prochain post...







vendredi 18 mars 2016

Kazakhstan .. La grande traversée des steppes ..



Aujourd’hui c’est la grande traversée des steppes kazakhes. Il faut choisir entre les routes sans que la signalisation soit toujours évidente. La nuit tombe et je n’ai toujours pas trouvé d’hébergement. A l’écart de la route M32, un hameau avec quelques lumières.  
Pas évident de trouver un hébergement. Je traverse le village de Dzhusaly puis revient aucune trace ou dormir. Il fait nuit. Une trentenaire passe avec ses deux enfants dont un ado en vélo. Elle ne parle pas anglais. Par geste, je parviens à me faire comprendre. Elle m’indique une rue perpendiculaire ou l’hôtel serait à une centaine de mètres. Je parcoure la rue au ralenti mais il n’y a rien. Tandis que je roule, je suis surpris par quelqu’un qui me rattrape et me tape sur l’épaule. C’est le fils de mon interlocutrice. En fait l’hôtel était là de l’endroit où je me suis arrêté. En fait toutes les lumières étaient éteintes et le veilleur de nuit n’était pas à la réception. Il ne parle pas anglais. Il tape les mots en cyrillique sur son téléphone et le google translate russe affiche en anglais. Il y a une chambre mais pas d’eau, la pompe est en panne ou le réservoir est vide.. je n’ai pas compris.. il n’y aura pas  de petits déjeuners. Le veilleur de nuit me demande mon passeport car il doit remplir les papiers et enregistrer ma présence auprès de la police. Il me les rendra le lendemain matin.  La chambre est sommaire et le sommier rustique.. Ce confort est assez rudimentaire et cela ne s’améliora pas dans les prochains jours.
Il est tard. Trop tard pour aller manger. Il me reste une centaine de kilomètres pour atteindre Baïkonour.. ce sera demain.



mercredi 16 mars 2016

Kazakstan Plus que 3500 kilométres pour atteindre Moscou..

Taraz, nous sommes à près de 3500kilométres de Moscou. Taraz est une ville moderne, assez aérée où il est difficile de trouver à se loger. Ici ce n'est guère une région touristique. Il aurait été intéressant de remonter sur la capitale du Kazakstan, Astana, mais cela suppose pas mal de kilomètres et surtout mon visa d’entrée en Russie est à date fixe de même que le visa de sortie. Les changer est administrativement compliqué et de plus assez onéreux avec une pénalité quotidienne.. Alors ce sera direction Moscou ..
A l’hôtel l’accueil est sympa. Les deux jeunes de l’accueil m’offre une boisson et une belle chambre à un prix discount dés lors que j’arrive tard et pars tôt. 

Le Kazakhstan est un pays quasi désertique avec de vastes steppes.. En terme de surface, c’est plus de 5 fois celle de notre hexagone et des ressources pétrolières considérables équivalentes à celle de l’Irak avec toutes sortes de ressources minières ( Chrome, manganèse, uranium.. charbon…) qui situe ce pays parmi les premiers au monde. Beaucoup de choses à dire sur le régime politique et  les convoitises que ces richesses suscitent, y compris parmi nos élites politiques et économiques. Un épisode sur France Interr ésume assez bien la situation de ce pays ..

Je continue à soigner mon pied cassé en me shootant au calcium dans le lait importé de Russie..
La route continue en passant par le Turkestan, l’un des passages mythiques de la route de la soie avec les invasions successives des turcs, mongols, perses, chinois.. arabes ..tandis que la route longe les massifs de l'Altai.
Prés du souk c'est l'occasion de rencontrer un Biker local avec son side car Oural...
L'objectif est de rejoindre Baikonour.  la base de lancement des fusées soviétiques. Il suffit de se rappeler que les russes récupérent leur cosmonaute via des capsules parachutées qui tombent dans l immense steppe Kazaks. En chemin, j'ai quelques difficultés à traverser les villes car je ne comprends guére le russe et je ne sais pas déchiffrer le cyrillique. Fort heureusement la moto reste un sujet d'attraction .. ce qui provoque parfois des accueils emplis de curiosité, comme ces pompiers.. fiers de me montrer leur matériel incendie..






dimanche 13 mars 2016

Kazakhstan - A la rencontre des routiers ouighours..

Comme chacun peut en juger d’après les photos, l’architecture d’Almaty reste marqué par son passé d’ancienne capitale de la république du Kazakhstan sous l’ère soviétique. Les bâtiments publics sont massifs et prévus pour résister aux chocs sismiques. Selon certaines sources, plus de 200 secousses ont ébranlé Almaty durant ces deux derniers siècles. La reconstruction des grandes et larges avenues trouvent ainsi leur origine.  
La ville est séduisante, situé au milieu d’un bassin avec de belles perspectives sur les montagnes aux alentours. Cette attractivité est telle que la progression de la population a largement dépassé les prévisions pour atteindre maintenant un peu moins de  2 millions d’habitants avec pas mal de conséquence écologiques. Il n’en reste pas moins que le climat reste agréable (même latitude que la cote d’Azur). Dans les rues, il est aisé d’observer que la population est assez cosmopolite (Kazazk, Russe, Ouighours, Tatars, Ukrainiens). La ville est en plein développement. Almaty fait partie des villes considérées comme mondiale au titre de leur rôle dans les fonctions de commandement économique, de recherche et développement, mais aussi des infrastructures ( il y a un métro récent).., des flux de capitaux.. La circulation automobile est disons parfois déroutante comme vous pouvez l’observer sur la vidéo... observer la voiture grise...

Beaucoup de lieux culturels, d'universités, cirques, opéra.. il est temps de quitter Almaty..
Sur la route, beaucoup de militaires, proches de la frontière..
Mais aussi des chauffeurs ouighours, victimes de la sinisation rampante de leur pays, le Xingyang au profit des Hans chinois. Une journaliste française se fera expulsée pour avoir évoqué leur situation…


Le plein est fait, il nous faut repartir.. une étrange impression.. seul sur la route avec pour tout compagnon des corbeaux.. une atmosphère un peu angoissante.. à la Hitchcock..





lundi 7 mars 2016

Kirghistan La descente sur Bichkek

Au franchissement du tunnel il est déjà plus de 21 heures et cela fait plus de 2 heures que la nuit est tombée. Comme l'altitude de la route a oscillé entre 2800 et 3000 mètres autant dire qu'il a fait froid. le corps est pris de tremblements, une sorte de frissons prolongés qu'il est impossible de contrôler même à l'arrêt. Je guette l'altimètre en espérant voir les chiffres descendre.. Mais rien et cela dure depuis le coucher du soleil. En aucun cas j'avais imaginé un t'elle fin de parcours.Après le plus haut tunnel jamais franchi, à près de 3200 mètres  c'est la plongée vers Bichkek.

Pour la première fois depuis le coucher du soleil, je vois l'altimètre descendre. Mais mon allégresse est de courte durée. Si je dépasse facilement les voitures, il y a un inconvénient majeur. Les phares du flot de voiture illuminent  la route, ce qui facilite grandement le pilotage et la nécessaire anticipation des virages pour incliner la moto. Ces éclairages ont un autre avantage, ils permettent d'éviter les nids de poules qui déstabilisent tout motards par un guidonnage imprévisible.  Une fois le plaisir de remonter la file de voiture devant moi, je finis par me retrouver le premier de la file. Si c'est satisfaisant pour l'ego du motard, c'est par contre plus délicat pour la conduite. En effet le phare éclaire la route en face mais contrairement aux anciennes Citroën SM Mazeratti, il ne tourne pas avec la route ce qui ne permet guère une conduite anticipante des obstacles, nids de poule, trous dans la chaussée voire des pans de chaussée glacés .. Le point positif est que l'altimètre descend régulièrement. Je dépasse le seuil psychologique des 2800 mètres avec lequel j'ai flirté ces dernières heures.

J'ai l'impression que la température s'élève .. l'euphorie d'un probable lit chaud me tient en haleine tout comme un cheval qui va rejoindre son écurie.  Au bout d'une bonne heure j'atteins les faubourgs de Bichkek. La ville est très peu animée. De grandes flaques d'eau inondent la rue en terre battue où se trouve en principe l'hostel désigné par les routards rencontrés à Och. J'arrive au bout de la rue mais aucune trace de mon lieu d'hébergement.. Pourtant c'est la bonne ruelle.. C'est du moins ce que m'a confirmé les rares personnes que j'ai rencontrés..Une voiture de police me croise au ralenti. Je sens le regard inquisiteur des deux occupants, mais compte tenu de ma plaque d'immatriculation on me laisse tranquille. Ici la langue véhiculaire est le russe.. Avec l'anglais aucune chance.. En l'occurrence cela m'arrange plutôt.. Il me faut faire demi tour c'est un plus compliqué la mare d'eau fait au moins 5 mètres de diamètre et il est plus de 23 heures. Je reviens sur mes traces, mais aucune indication de l'Hostel. En arrivant près la rue principale, je montre la copie d'écran Avec le nom de l'hôtel. Je comprends qu'il s'agit d'une rue perpendiculaire à celle indiquée. Le numéro ne sert que  de repères. En m'engageant dans cette ruelle encore plus défoncée que la précédente..j'arrive devant une porte en ferraill, ornée de dragons et autres chinoiseries. Je sonne.. C est effectivement là. Malgré l'heure tardive, je suis bien accueilli. Des draps me sont donnés et je peux rejoindre un dortoir de 4 personnes.Dans la salle de réunion, un groupe de jeunes israéliens et autrichiens m'accueille et me propose du thé. Il faut dire que le cumul du froid et de l'humidité provoque de gros frissons que je ne peux contrôler.. Enfin la journée se termine.. Le lit est chaud et douillet..

Réveil de bonne heure, car les autres occupants partent pour un trek au bord du magnifique lac.Un   Couple de jeunes canadiens me donne l'occasion de vérifier que je n'ai pas oublié le français.. C'est aussi l'occasion de faire le point sur les points d'intérêts immanquables de Bichkek. Tout respire l’ère soviétique, de larges avenues, des monuments massifs, de nombreux touristes russes et beaucoup d'officine de changeurs. Mais les prix affichés ne sont guère changé..et le cours annoncé n'a rien à voir avec celui exhibé sur les panneaux lumineux..Pas d'euros.. Mais simplement le USD. Dans les banques, le cours est officiel.. Mais les queues sont tres longues et les employés ne semblent guère enclins à aller vite...entre 10 et 15 minutes par transaction. Il me faut régler l'hôtel.. Alors ce sera un changeur.. Bishkek (ou Bichkek) est une grande étape sur la route de la soie. C'est la capitale économique, avec son aéroport international et sa base militaire. Le mélange culturel est assez prononcé avec des russes, des kighizes mais aussi des ukrainiens, des ouighours, des ouzbeks, des tatars.. C'est le point de départ pour de nombreux treks. Les avenues sont larges et la circulation assez dense. Des marchés où il fait bon se promener et où de délicieux sandwichs, à base de morceaux de divers  viandes grillées, de salade et d'une excellente vous y attendent. Le plein et quelques photos.. Il est temps de repartir en Direction de la frontière avec le Kazacstan (Kazakhstan)..S'agissant de transposition de l'alphabet cyrillique, comme partout dans la région, vous trouverez différentes orthographes. Sans carte ni GPS, il me faut naviguer à la boussole, Direction Nord, Nord Est. Il y a de nombreuses voitures et je remonte les files sans trop de difficultés.
Au bout d'une vingtaine de 20 kilomètres, les voitures sont à l'arrêt bloquées par une barrière qui précèdent un no mans l'ADN entre le Kirghistan et le Kazacstan. Tandis que je remonte la file de voiture à l'arrêt, j'entends un coup de sifflet. j'aperçois deux policiers ventripotents assis sur une sorte de promontoire de l'autre côté de la chaussée. Effectivement au sol, il y avait une ligne mais comme tout le monde est à l'arrêt (hormis les motards qui remontent les files), je n'y ai guère prêté attention. En fait ce coup de sifflet me concernait. En un éclair, je me suis rappelé l'épisode de mon buddie PMB qui s'est fait lui aussi arrêter pour ne pas avoir respecté un temps d'arrêt à un stop au sol. Cela lui a coûté 50 USD.. Je continue donc en bougeant la tête dans tous les sens faisant mine de chercher l'objet de ce coup de sifflet. Je franchis'à peine deux cents mètres  quand un douanier règle la circulation pour accéder dans le sas de la douane.

En fait il ne laisse passer les véhicules que par groupe de 5 tandis qu'un autre Sass, fabriqués d'un long tunnel à armatures métalliques canalise les voyageurs à pied. Certains transportent d'énormes ballots, sac en toile sur des chariots ou des diables. J'ai réellement l'impression de me retrouver en train de franchir un contrôle militaire, tels un palestinien entrant en Israël. De là, où je suis je peux observer dans mon rétroviseur  les deux policiers au ventre rebondi. La distance est telle qu'ils pourraient aisément venir à ma hauteur et réclamer leur dîme. Mais non, gras et probablement repu, la  flegme semble les clouer à leur siège. Heureusement pour moi..

Enfin c'est mon tour, le douanier me laisse passer en priorité et je suis dirigé vers une cabine un peu à l'écart tandis que je dois me frayer un chemin parmi les piétons et leur ballot. En tant que véhicule léger , je suis invité à passer au guichet des poids lourds. Les formalités sont rapides. Ouf j'ai définitivement échappé à mes deux siffloteurs. Ici les postes frontières sont bien séparés. Du côté Kazackstan, j'ai également un traitement privilégié. En tant que membre de la communauté européenne, je peux bénéficier d'un visa de courte durée.. Mais il me faut quelqu'un qui parle anglais. Je suis donc orienté vers un préposé anglophone. Les échanges seront courtois. Manifestement mon interlocuteur a du plaisir à parler anglais et de surcroît avec un motard. Cela le change du train train quotidien.
Ca y est je pénètre dans l'Oblast d'Almaty puis celui de Djamboul. Sur la route déserte, il y a au milieu de nulle part, un panneau Stop. À proximité immédiate, il n'y a aucune présence visible mais peut être au loin. Et de fait je verrais des policiers à plusieurs reprises à proximité de panneaux indicateurs de limitation de vitesse ou de stop. Un vrai jeu de cache-cache..s'arrêter au milieu de nulle part pour respecter un panneau stop confine à l'absurde, du surréalisme. C'est l'occasion de prendre une photo de ce monde quasi irréel.

La route en ciment est d'excellente qualité, mais j'y croise peu de voitures sinon quelques véhicules militaires.

Hormis les passages dotés de panneaux indicateurs, j'interprète qu'il n'y a pas de limitations de vitesse. Au passage de là frontière je n'ai pas observé de panneaux rappelant les règles comme cela se pratique en Europe.. Alors dans le doute, je mets les gaz..il me reste moins de deux cents kilomètres jusqu'à Almaty..

Almaty est une ville pimpante très prisée par les Russes. L'architecture est colorée. Les constructions sont beaucoup plus élégantes et variés que ce que j'ai pu observer ces derniers jours. Les rues sont larges mais décorés d'arbres et de diverses végétations. La vie y est agréable.

Les Yes Hostel n'est pas facile à trouver. Mes divers interlocuteurs ne sauront pas me le situer. En fait, il s'agit de bâtiments industriels qui ont été aménagés. Ce n'est guère la période de forte affluence touristiques aussi j'aurai un dortoir complet à ma disposition et c'est l'occasion de faire ma petite lessive... avant de repartir à la rencontre des Ouighours ..