Translate

jeudi 28 janvier 2016

Kirghizistan .. Un tunnel à plus de 3200 M .. 2 degré Celsius..


Marcin espérait trouver des roulements à bille pour sa colonne de Direction, mais après bien avoir scanné le souk des mécanos, il n’a rien trouvé. Notre motociste suisse ne peut l’aider. Il doit donc faire venir des pièces de rechange. Dans l’intervalle, il s’occupe et aide notre hôte suisse. Finalement la solution viendra de Pologne, mais il faut attendre l’arrivée d’un nouveau flux de touriste. Je dois donc quitter mon buddie à regret même si la vie ici est plutôt accueillante et agréable (à condition de respecter les règles, l’abstinence d’alcool et de porc. L’huile moteur et le filtre sont changés. Le phare additionnel est recollé tandis la sacoche arrière gauche  est  redressée mais elle n’est plus étanche. Il me donc anticiper sur le mauvais temps annoncé. J’emballe mes affaires dans un sac en plastique.. mais cela ne sera pas suffisant car l’eau qui rentre ne peut être évacuée.. si bien que le tout trempe allègrement.. 

Un autre problème me préoccupe celui du racket policier tel que me l’a annoncé JMB dans le Whataspp publié hier. Mon buddie polonais est au courant de ce genre de situation. Il dispose d’un visa annuel. Son  conseil est simple dans la logique. Si au cours d’un contrôle plus ou moins justifié, tu as un problème ..il faut poser à l’auteur de cette vérification arbitraire un problème plus important. La nuit portant conseil, le cumul des avertissements des deux motards m’aura permis de faire cogiter les neurones et trouver une solution sinon imparable du moins compliqué à gérer pour un « policier  peu intègre ».   J’ai vécu ce type de problème en Bosnie, ou un policier peu scrupuleux a pris mon passeport et voulait me taxer de 210 EUR… çà c’est fini par une transaction de 20 €..mais je n’ai guère envie de revivre ce type d’émotion. D’autant que mon voyage est loin d’être terminé et j’ai lu un livre récit d’un motard français qui s’est fait ainsi rackété à plusieurs reprises lors de la traversée de la Russie. Pour contrer ce type de situation, j’ai rédigé un texte que j’ai fait traduire en russe par Google translation. Le russe est pratiqué dans toutes les républiques que je vais traverser jusqu’en Finlande. Je demande à mon copain musulman de  recopier en russe le message ainsi traduit.

Que dit ce message : Je suis vieux ( cà c’est vrai et ça se voit). Voyager en moto à mon âge n’est donc pas sans risques.. physiques certes mais aussi celui d’être dévalisé. Ma famille ( mes quatre enfants et mes 3 petits enfants) ont donc pris des mesures spécifiques auprès d’un service du Ministère des Affaires Etrangères dédié aux Seniors Français en déplacement dans des pays à risques. Au titre de ces précautions, je ne voyage qu’avec des copies de mes documents officiels ( Passeport, Visa, Driving Licence..etc) et avec très peu de cash sur moi. Tous mes documents sont conservés auprès de l’autorité compétente dans le pays. En cas de besoin, le contrôleur peut se mettre en contact avec eux ( à un numéro de Téléphone que je ne cite) ou éventuellement à un numéro de téléphone en France.. 

Le policier curieux doit bien sûr parler français.. J’ai également le nom d’un couple de sud Américain dont la femme est française et qui accepte de m’aider au cas ou.. Fort de ce double  dispositif, je me sens plus à l’abri que JMB qui a été racketté de quelques USD pour que l’on lui rende simplement son passeport…


Je prends congé de mon copain polonais et pars sur ces bases.. pour plus de 10 heures de route. Nulle part, je n’observe de limitation de vitesse, alors je roule gentiment puis saute dans le sillage de la première voiture qui me dépasse.  Je roule derrière le véhicule qui m’a doublé et reste en léger décalage mais en ne laissant pas suffisamment de place pour  qu’un éventuel ai le temps de s’intercaler entre les deux véhicules. La pluie puis la nuit tombe.. Un poste de police avec une barrière.. il faut acquitter un péage..
Plusieurs barrages ont été construits dans la même vallée.. et une route en assez bon état longe les vallées inondées..Le spectacle est agréable mais la photo écrase les couleurs ..si bien que le rendu n'est guère satisfaisant.. par contre à la tombée de la nuit....

Il 19 H50 .. la nuit est tombée.. je devine plus que je ne vois les cols enneigés. La visibilité est mauvaise. Il y a de plus en plus en brouillard.. Pendant prés d'une heure, je guette l’altimètre. Il ne descend jamais en deçà de 3000 mètres..
enfin le tunnel.. mais la descente ne s'avére pas facile car si je double les voitures.. je me retrouve souvent dans le brouillard avec des nids de poule.. seul point positif.. l'altitude baisse.. et la température remonte...






lundi 25 janvier 2016

Kirgkistan..Une étape technique à OSH..( Day 2)

Ce garage tenu par un Suisse est souvent cité dans les récits de voyage ou dans certains guides. Il entretient les motos, les stocke pour plusieurs mois, mets à la disposition des motards ses ateliers, ses outils.. son compresseur.. Il gère également un stock de pneu, organise des voyages dans la région et loue des trails. Il revient régulièrement en Helvétie d'où il gère des circuits locaux mais où il se réapprovisionne aussi en pièces détachées qu'il importe au Kirghizstan.

Pour Marcin, c'est l'occasion de changer le roulement à bille de sa colonne de Direction de son Africa Twin et pour moi, c'est l'occasion de réparer les petits dégâts dues aux diverses chutes.. phares additionnels, valises, mais aussi changer le filtre à huile, vérifier les plaquettes de frein, mais tout comme commence par un nettoyage au jet puis un démontage. Une équipe de 4 européens, dont 3 BMWistes confirmés et fans de vieux modéles sont en train de réparer leur moto et les préparer pour un stockage de plusieurs mois. Ils rentrent en avion et reviendront poursuivre leur périple. Ils font ainsi leur saut de puce annuel sur une quinzaine de jours. Pas le temps donc de se trop se frictionner. Leur expertise me permet d'avancer plus rapidement dans le démontage de la machine.

Un projet  commence à me gratter les neurones et je le soumets à mon interlocuteur. Peut on concevoir un  convoi mixte à partir d'Osh vers le Tibet pour sortir vers le Laos. Pour entrer en Chine (et donc au Tibet) les autorités chinoises octroient des autorisations pour des voyages en convoi avec un guide local. L'idée d'un convoi n'est pas des plus enthousiasmantes mais elle offre l'intérêt de pouvoir faire un périple unique. Un tel convoi suppose des frais fixes qu'il convient d'amortir de façon optimale  sur un groupe d'au moins 8 personnes mais avec la possibilité d'un choix mixte ( sa propre moto ou son propre véhicule à amener sur place, une moto de location ou un 4x4 avec chauffeur).
Pour le moment ce n'est qu'une idée ( d.Och à Lhassa il y a 3484 km).. mais je compte bien creuser le sujet.....

A suivre...

samedi 23 janvier 2016

Kirgkistan..Une étape technique à OSH..

Nous atteignons Osh, et notre style de pilotage ne semble pas avoir été apprécié.. Un coup de sifflet strident a atteint trop tard nos tympans sans que nous puissions stopper dans de bonnes conditions. Plus tard, mon partenaire, JMB, m'adressera un message m'informant du comportement des policiers locaux qui ont tendance à arrêter les motards étrangers, leur prendre leur passeport et ne leur restituer que moyennant le versement d'une dîme. Après coup donc, je suis content que nous ayons entendu le coup de sifflet trop tard.. d'autant si je me rappelle bien avoir remonté la file de voitures, je ne me souviens pas avoir vu de lignes continues au sol sauf sur le bas coté bien sûr.
Arrivé en ville, la pratique du russe par Marcin fait merveille tant pour trouver la localisation du garagiste spécialiste des motos que pour trouver un Hostel...on ne peut faire plus simple comme dénomination. Och Hostel. Pas facile à trouver, car l'Hostel occupe deux appartements dans un immeuble d'habitation. Il est un peu rustique et tenu par des islamiques soucieux de respecter les règles . Des panneaux annoncent clairement qu'il est interdit de ramener de l'alcool dans l'Hostel sous peine d'une amende de 50 USD. Un frigo est à notre disposition mais il est interdit d'y stocker du porc sous peine...etc..etc.. Ca c'est pour l'ambiance. La connexion internet est aléatoire. Le gérant nous place au second étage dans un appartement privé dans dortoir de 6 personnes que nous sommes les seuls à occuper tandis que les autres routards occupent le dernier.

Nous partons en ville mais il est trop tard pour trouver un restaurant ouvert..ce sera donc l'épicerie du coin qui vend du lait russe, des fruits  et de la bière conditionnée en bouteille plastique d'un litre et demi. Marcin enfreint la règle et la ramène à l'hôtel. L'un des employés la repèrera le lendemain et lui demandera de l'exfiltrer avant l'arrivée du propriétaire.. L'employé ne veut en effet pas avoir de problème avec son patron propriétaire des deux appartements hostels.
.

En route, nous guidons un jeune cycliste américain de Boston qui a entrepris un voyage jusqu'à Pékin. Les motos sont garées dans le passage privé qui méne  à l'hôtel, pour le vol c'est sécurisé mais cela reste un objet de curiosité de la part des enfants du quartier. Le risque est qu'il se fasse tomber la moto dessus. Nous nous organisons pour les placer sur leur béquilles centrales et rendre l'accès plus difficile. Je n'ose imaginer la gestion d'un accident si une moto devait tomber sur un gamin qui l'aurait chevauché;
Fort heureusement tous les enfants ne présentent pas le même risque. Ces deux là sont bien sages, polis et discrets. Pendant que leur mère nous prépare le petit déjeuner, ceux là attendent sans dire un mot dans notre dortoir avant d’aller à l’école..




Demain ..nous nous rendons chez le motociste suisse.. pour les sérieuses révisions techniques pour Marcin, dont la moto guidonne de plus en plus et pour moi qui doit réparer les dégâts des chutes, en particulier l'une des valises vrillées, qui ne ferme plus.
 

Kirghizstan.. en Direction de OSH

Consultés ces derniers jours, le Médecin traitant, la radio l'ont confirmé, l'os cunéiforme a bien été cassé mi août en Iran. Si je les avais consultés à cette époque j'aurai eu comme conseil de me faire rapatrier...moyennant quoi, j'aurai amputé ce voyage de quelques 14000 kilomètres. Lors du pilotage de la moto la douleur était supportable à condition de bien faire reposer le pied sur le talon. Les vibrations du cale pied jouaient le rôle d'un masseur.

A cela, chaque jour, je me suis astreint à boire, ou plutôt à me shooter au lait. En Asie centrale, cela n'est guère simple car comme vous avez pu le remarquer, les vaches sont ici quasi absentes des zones désertiques. Le lait est donc importer de Russie. Les soins de mon jeune médecin iranien, l'attèleen Néoprène les vibromassages quotidiens et le lait ont, selon le spécialiste des os de la clinique du Parc à Lyon, contribue à une excellente rééducation fonctionnelle.

Excellente certes, mais lente car 5 mois plus tard, une certaine gêne persiste. Chacun dans sa sphère s'efforce de repousser ses limites et c'est aussi la source de grande satisfaction égoïste. Le fait d'avoir surmonter une difficulté engendre une  sorte de jubilation, à l'instar de l'alpiniste qui s'est offert une voie. Seule digression, la chute à Duchambe lorsque, sous l'effet de la douleur, mon appui sur le pied a lâché provoquant une chute à l'arrêt. Avec humour, un jeune étudiant, m'avoir alors salué d'un sarcastique "Welcome to Duchambe". Mais revenons à la Pamir Highway. Nous quittons le Tajikistan, ou le Président vient d'obtenir la possibilité de se faire réélire à vie,  pour le Kirghizstan


Marcin, mon jeune motard, négocie avec les douaniers du poste frontière  Kirghize. Ici peu de touriste, donc pas de bureau de change et notre interlocuteur voudrait percevoir le coût du visa en monnaie locale. Comparé à nos précédentes expériences, le passage de la frontière est plutôt rapide.. Bien comprendre  pas aussi court que dans l'espace Schengen mais beaucoup plus rapide que les 6 heures passées lors de notre entrée au Turkmenistan. Finalement la transaction se fera en euros.en faisant l'appoint.


Puis c'est la descente sur Och, notre prochaine étape. Quasi seul dans la Pamir Highway, la circulation se densifie.et nous reprenons le monde habituelle de circulation en remontant de longues files de voiture. Marcin est un peu moins à l'aise dans ce type de pilotage mais il suit en prenant quelques fois des libertés avec les lignes continues. De temps à autre, nous partageons la route avec des troupeaux.
Quelques magnifiques paysages avant la tombée de la nuit.




mercredi 20 janvier 2016

Un poste frontière à 4600M..

Une journée fantastique avec un col et une frontière à plus de 4600 mètres. Les mots seraient inférieurs aux sensations éprouvées durant cette traversée exceptionnelle de la plus haute frontière au monde. Techniquement la piste est plutôt plus aisée que ces derniers jours. Marcin, un jeune pilote polonais de 25 ans prend lui aussi des photos, c’est l’opportunité de rouler ensemble. Avec l’altitude l’Africa Twin de mon co-équipier a plus de difficultés, même vieille de 9 ans, ma moto dispose en effet de l’injection électronique qui permet un meilleur dosage du mélange et donc une meilleure carburation. Cela compense un peu l’écart entre nous, car l’expérience de Marcin est d’un excellent niveau et je dois m'accrocher pour faire bonne figure. Il est sympa et me fait même un compliment en m'indiquant que je me débrouille plutôt mieux qu'il ne l'a déjà vécu avec des motards roulant plus lentement de peur d'abimer leur belle machine.. De ce coté là au moins, plus aucune retenue de ma part.. la moto a connu plusieurs chutes.. mais c'est fini jusqu'à la fin du voyage, il n'y en aura plus d'autres. En sa compagnie je m'enhardis et je me lache ..car en cas de problème, les conséquences ne sont pas les mêmes..

 La distance entre les postes frontières des deux pays est de plusieurs kilomètres. Du coté du poste du Tajikistan, la boue a durci, créant ainsi de profondes traces et des ornières ce qui nous oblige à les franchir en diagonale. Aux deux postes les douaniers ne parlent que le russe, langue que pratique Marcin, la négociation des visas est donc plus facile à obtenir sur place, ici pas d'Euros.. mais des USD.. en fait les douaniers auraient préféré de la devise locale. La négociation dure.. mais elle est assez clein. Entre les postes frontières, nous rencontrons un groupe de jeunes cyclotouristes grenoblois qui ont entrepris un tel voyage sur plusieurs semaines. Les vélos et le matériel ont expédiées par avion...

 et maintenant les photos...










mardi 19 janvier 2016

A proximité des Ouighours..


Déjà plus de 10 000 kilomètres parcourus, c’est à peine la moitié du parcours prévu. ( le point E).

Logiquement l’objectif était de partager ce voyage au fur et à mesure de ce voyage, mais tout au long de mes arrêts, il y a eu beaucoup de contraintes logistiques, notamment au niveau des accès internet, filtrés ou impossibles. Cette contrainte est forte puisque sans cet outil, aucune publication n’est possible, mais ça c’est la face la plus visible car internet permet aussi de collecter les photos prises à partir de trois différentes sources. Non seulement, elles doivent être uploadées sur un stockage partagé sur Internet, mais elles doivent ensuite être rassemblées, triées et sélectionnées. Autant dire que sans accès internet, cela complique un peu le respect du timing. Aujourd’hui le voyage est terminé, je suis de retour en France mais je n’en ai évoqué que moins de la moitié. 
Comment ne pas soûler le lecteur avec trop de photos toutes simples sans commentaires et lui faire partager les sensations les plus vigoureuses, les magnifiques panoramas, les émotions de toutes natures liées à la difficulté physique de certains passages délicats, soit à l’atmosphère pesante et menaçante des interrogatoires de la police islamique, soit à la merci de n’importe quel illuminé armé soucieux de son avenir céleste auprès de 40 vierges dédiées.
Bien que ce ne soit que la mi-parcours, il reste tellement de sensations à partager que je reprends le clavier et les montages photos pour le plaisir de partager. Plus égoïstement, c’est aussi un excellent exercice de mémoire, un moyen agréable de l’entretenir mais aussi une façon de tirer toute la substantifique moelle de ce fantastique voyage. A mi chemin de ce parcours, la Pamir Highway c’est le Graal du motard, et aussi de quelques rares cyclotouristes venus d’Europe par avion.

 A part quelques touristes la route est feu fréquentée. De fait, un problème qui, en d’autres circonstances, pourrait s’avérer simple à résoudre, devient ici un obstacle sérieux que la solitude amplifie. Mon buddie est loin .. il faut continuer..
A Burghab, c’est la dernière halte où il faut faire le plein ; Ici pas de pompe, mais un Jerrican de 1O litres que le pompiste porte à la main et verse dans un grand entonnoir.
Même si le tigre d’Esso, inspire le pompiste pour le carburant de votre moteur, ici tout ou presque est chinois. Nous sommes à la frontière avec la province du Xinjiang, pays des Ouighours, minorité ethnique persécutée. La région, en principe autonome du Xinjiang à une population relativement faible, à l’échelle de la Chine, de l’ordre 10 millions d’habitant et couvre une superficie grande comme trois fois celle de la France soit environ un sixième de la Chine. Mais la région dispose de Gaz, de pétrole et de minerais, ce qui la rend attractive pour la communauté chinoise qui l’envahit. Cette situation, analogue à celle du Tibet, est nettement moins médiatisée. Pour l’avoir dénoncé, une journaliste française vient d’être expulsée en Décembre 2015.
Un excellent article résume bien la situation géopolitique  de cette région qui s’est manifestée par des attentats à Pékin. Les ouighours persécutés sont envahis par les Han, spoliés de leur droit, écartés de l'administration, interdits de pratiquer leur réligion et leur coutume...
Pour terminer cette reprise, sur une note positive, quelques images de la route de demain désignée comme le graal du motard. Il y a beaucoup de photos aussi pour mieux les partager, un petit film limité par la taille.. les images sont compressées donc de moindre qualité.. On fera mieux demain.. ... A bientôt..