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jeudi 17 décembre 2015

.. à la frontière du Xinjiang..

Finalement la journée se termine ..il ne reste qu’à trouver un lieu pour dormir. Après une heure de piste, il commence à faire nuit quand je croise une route asphaltée. Faut-il la prendre à droite ou à gauche, sans carte, il faut naviguer aux seules mesures du GPS de longitude et latitude, ce sera à droite vers la longitude 73 E. Après 11 250 Kilomètres parcouru et à plus de 4100 m d’altitude, j’atteins en effet la position à l’extrême est de ce voyage à la limite du Nord de l’Afghanistan et de province chinoise du Xinjiang.
A plus de 4100 mètres d’altitude, il y a des poteaux électriques mais pas d’éclairage public .L’alimentation est irrégulière et les maisons sont éclairées par des ampoules qui fonctionnent sur batterie chargée via des panneaux solaires. Une lumière blanche, basse énergie, est allumée dans une maison. Je m’engage sur le chemin, j’appelle en vain.. je frappe à la porte, un jeune homme me fait entrer. Il s’adresse à une dame qui semble être sa mère. En fait, je ne suis pas dans un « Homestay » .. et le jeune homme me conduira jusqu’à l’’hôtel que je n’aurai jamais trouvé seul, y compris de jour car les inscriptions sont effacées. La salle est rudimentaire. Pas de chambre, simplement des couches recouvertes de tapis et une couverture. L’hôtesse ne parle que le russe. C’est donc par sa fille que je commande une soupe, histoire de me réchauffer avant de me coucher tout habillé, à l’exception bien sûr de la veste qui est couverte de poussière après les chutes à répétition. Pas d’eau au robinet. Comme dans les refuges de haute montagne, il faut faire fondre de la neige. 
En principe il est 6 h du matin , mais avec le décalage horaire, j’ai gagné deux heures, localement  il est 8 h. Pour le petit déjeuner, l’hôtesse me donne le menu unique et de fait non négociable, du thé et des chapatis un peu durs, c’est pas ce que je préfère.. mais il n’y a pas trop le choix et dehors il fait froid mais ce n’est pas gelé, il me faut donc du chaud pour affronter la route, plein Est avec le soleil qui se lève de face sur une longue route au milieu du large plateau en bordure du Badakshan National park..

La route change d’azimut, c’est maintenant plein Nord en direction de Murghab, ville au carrefour des routes vers la Chine et le Nord du Tadjikistan la route est magnifique .. enfin bien asphaltée.. cela repose…
Très répandue en Asie Centrale, notamment en Mongolie, il y a quelques yourtes, une sorte de tente avec une armature en bois. La famille vit dans une pièce unique. J’ai même pu visiter une yourte dans laquelle il y avait une sorte de plancher qui isolait ainsi l’habitation démontable.
A l’approche de Murghab, cela se complique un petit peu .. des hommes armés me stoppent et ils veulent quelque chose que je renâcle à leur offrir.. mais ils sont armés.. pas très agressifs mais jeunes et enthousiastes.. alors j’accepte qu’ils montent sur la moto avec leur arme. Vous remarquerez que la photo est poussiéreuse...
Il est temps de repartir pour trouver du carburant .. et ensuite, probablement les plus beaux sites de ce voyage .. au moins jusqu’à présent..







mercredi 16 décembre 2015

..entre 3500 et 4 400 d'altitude..

Les vrais problèmes  c’est maintenant et je serai mis dans l’ambiance dès la sortie du village. La pente est forte avec des virages serrés en épingle à cheveu. Le sol est assez meuble, un mélange de pierre et de sable. Le pilotage est réellement malaisé et je ne parviens pas à tourner sans poser le pied à terre et comme le sol est sablonneux.. ca glisse.. et je ne peux éviter le tout droit. Pour la seconde fois, la moto se couche lentement sur le sol dans un tas sablonneux. Pas de dégâts. Il fait assez chaud. La tension et l’effort font que je suis trempé de sueur. Des gamins m’aident à relever l’engin et faire des manœuvres sur place. Ma confiance est ébranlée et je sais que c’est une partie assez dure mais aussi assez déserte. C’est dire que le moindre accident corporel ne disposera d’aucune assistance proche et rapide. La tension est forte mais dans le même temps, je sais qu’il me faut au contraire me décontracter pour affronter la distance. C’est reparti..
Après un démarrage assez escarpé, la piste s’élargit à nouveau. Le pilotage est plus cool. Je me relaxe .. peut-être un peu trop peut être quand arrive une zone sablonneuse.. c’est la troisième chute. peut être un effet altitude.. plus de 3500 mètres..
Une nouvelle portion, assez aérienne,  s’annonce en montée régulière à flan de montagne. La seule présence est celle d’un couple de cyclotouristes polonais , Bartoz et Monka. ...

puis un motard australien qui fait le trajet dans le sens inverse.En voulant éviter un passage délicat.et surtout une chaussée partiellement effondrée du fait de l’érosion de la riviere une centaine de mètre en contrebas... c’est une nouvelle chute..

Après plusieurs kilomètres d’une longue piste, c’est l’arrivée à un poste de contrôle frontalier avec l’Afghanistan, probablement l’un des plus hauts au monde à près de 4300 mètres.  Un étrange impression et une expérience unique de se voir contrôler à une telle altitude..


Une fois la frontière passée, c’est la longue descente. Il est 16 h. Le coucher du soleil est prévu pour 18h 27..Je pense être décontracté mais un passage de fech fech va me remettre les idées en place. Le Fech Fech,  ce sont des particules fines de poussière très légère, bien plus volatile que le sable. Cela ressemble à des cendres. Le passage à franchir est d’une quarantaine de mètres. La théorie est simple. Mettre les gaz mais pas trop, tenir fermement  le guidon avec souplesse. C’est en ayant ces paramétres en tête, que je me lance au franchissement de ce passage. Selon les passages, le Fech Fech atteint 10 à 40 cm d’épaisseur sans donner aucune visibilité sur ce qu’il recouvre en particulier une pierre qui me déséquilibre. Par rapport aux précédentes chutes, celle-ci est un peu plus sévère car je roulais plus vite. J’apprendrais par la suite que dans les compétitions, les motards dégonflent leurs pneus. De plus en ayant choisi, un pneu mixte, il est moins bien adapté qu’un dédié à ce type de passage. Cette fois ci, relever la moto est plus difficile car elle a basculé. La valise a été déformée. Je suis à l’ombre, il commence à faire de plus de plus frais et je ne parviens pas à relever le véhicule. Pas de poussière à l’horizon, donc pas d’espoir d’obtenir de l’aide d’une voiture ou de bergers.  Le seul moyen est de vider la moto, enlever les sacoches, le paquetage, les pneus.. cela ne suffira pas. Je parviens seulement à la faire basculer, mais elle est trop lourde. Je creuse sous la roue pour donner une meilleure amplitude de mouvement. J’essaye plusieurs fois en vain malgré une forte automotivation. Finalement je me tourne, et en plaquant le dos à la moto, j’essaye à nouveau tel Jean Valjean tentant de soulever la charrette qui écrase le pére Fauchelevant . Je m’engueule, je m’encourage d’un aller/ aller mon vieux ..  Au pire je coucherais sur place et attendrais un passage demain. Cela fait plus d’une heure trente que je suis bloqué ici. Je tente une nouvelle fois en appuyant mon dos sur le siège et en soulevant. Cette fois ci, je parviens presque à la remettre d’aplomb. Je sens que c’est possible. Cela me booste pour une nouvelle tentative. Ca y est, j’ai franchi l’inclinaison critique et je parviens à mettre la béquille latérale. Personne n’est là, mais je suis assez fier d’avoir réussi. C’est précisément pour pouvoir gérer ce type que faire le voyage à plusieurs est plus sure. Je recharge la moto, et les valises. Il y a peu de casse mais par contre, tant la moto que moi-même sont couverts de poussière.  Je repars  et j’attendrais la route asphaltée peu avant la nuit.
Rétrospectivement, ces cinq chutes de moto en une seule journée trouvent probablement leur cause dans l’état de la piste, mais aussi le stress et l’appréhension, notamment parce que j’étais seul avec probablement mais surtout une dose de fatigue supplémentaire du à l’altitude puisque tout çà est advenu entre 3500 et 4300 métres.
Finalement la journée se termine ..il ne reste qu’à trouver un lieu pour dormir..






.. puppy on the road.. en direction du corridor de Wahkan..

Au petit matin, c’est le départ à 6h pour une longue étape. Pendant une heure et demie, le soleil ne parvient pas à atteindre le fond de la vallée. Il fait frais et légèrement humide. Au détour d’un virage, le soleil commence à franchir la cime, l’occasion de s’arrêter pour une prise de vue.. Au loin sur la piste, un petit animal sautille et vient dans ma direction.. ca ne ressemble pas à la démarche d’un lapin, ni d’un renard.. en fait c’est un chiot.. il me voit et à l’air content. Personne aux alentours, manifestement il s’est perdu. Le bruit du pot d’échappement et/ou la lumière l’ont attiré. Impossible de le laisser.. il court derrière la moto. Je me sens pas le courage de mettre les gaz et l’abandonner. Je le prends, le pose sur le paquetage le temps d’ouvrir ma veste pour le recueillir car je n’imagine pas qu’il puisse rester en équilibre. Il ne manifeste aucune crainte et s’installe confortablement. Nous parcourons ainsi plus de 2 kilomètres avant que je trouve deux jeunes bergers à qui je peux confier le chiot.
Nous entrons dans une zone assez désertique. Il est temps de se préoccuper du plein de carburant. Cela fait plus de deux heures que je scrute chaque village avant que ma recherche soit couronnée de succès à Eskachem. Cela s’explique par la proximité du poste frontière qui est installé dans cette ville.
Jusqu'à Vrang, c’est à nouveau, une piste aride et désertique sans végétation. A Langar, deux jeunes cyclo-touristes belges sont arrêtés le long d’un cours d’eau afin de se désaltérer. Les occasions de rencontrer et de discuter sont suffisamment rares pour prendre le temps de s’arrêter et de manger les tomates que j’ai réussi à protéger d’une purée annoncée. Pour mes jeunes cyclistes, c’est l’occasion de manger des produits frais.
Peu après Vrang, la vallée s’élargit à nouveau. Elle est manifestement fertile.
Sur la route, pas besoin de klaxon, le signe d’une présence, c’est le nuage de poussière.. soit une voiture soit un troupeau .. cette fois ci ce sera un troupeau dans cette portion à flan de montagne avec des roches magmatiques qui semble avoir subi de fortes températures. Nous sommes dans une région sismique..
Sast, c’est le village clef ou il convient de ne pas louper la bifurcation. Il s'agit d'éviter le corridor de Wahkan, long de quelques 350 kilomètres qui forme un cul de sac dés lors que la frontière entre Afghanistan et la Chine est en principe fermée.

Wakhan.png
"Wakhan". Licensed under CC BY-SA 3.0 via Commons.
C’est la piste vers  Oaraboulag qu’il faut prendre à gauche donc.. C’est d’ailleurs ce que m’indiqueront les enfants, confortant ainsi mon intuition déductive, en l’absence de GPS opérationnel Les vrais problèmes  c’est maintenant et je serai mis dans l’ambiance dès la sortie du village..

lundi 14 décembre 2015

.. les paysages spectaculaires s'enchainent..

Du coté de l’Afghanistan, les parois sont verticales. Le chemin de ronde doit passer par des voies escarpées et rudimentaires comme le montre cette photo.
Au niveau de Rushan, la vallée s’élargit sur une large prairie bien verte. Il y a une fête au village.
Je souhaite m’arrêter. Un policier m’empêche de rentrer mais il est interrompu par un responsable politique qui m’autorise. Il s’agit d’une fête nationale. Chaque participant porte les couleurs vertes, blanches et rouges du drapeau tadjik. 
Un fait amusant, pour assister à la fête  les élèves ont amené les chaises de leur école. Il les rapporte..
Il est temps de repartir. La vallée se rétrécit à nouveau. Le contraste des couleurs est fort entre le vert des arbres, le noir des roches et le bleu intense et lumineux.
C’est l’arrivée à Khorog, une petite ville de 20000 habitants au confluent de deux rivières, reputé pour ses arbres .. Nous sommes à plus de 2000 mètres.
En quittant Khorog, c’est la Pamir Highway dans une phase plus rudimentaire. L’occasion de traverser des villages et de faire de magnifiques rencontres avec ces deux petites filles, habillés selon la tradition et leur grand père..
...... deux petites filles, habillés selon la tradition et leur grand père, mais aussi avec ces paysannes à qui j’achète des tomates.. Je les mange sur place.. mais mes deux grands-mères, l'ayant constaté, me regarnissent à nouveau mon sac.. j’ai tout simplement peur qu’avec les chocs,  je n’ai plus que de la purée de tomates. Puis c’est une guest house ou je suis reçu par un famille tadjik, un famille avec le pére deux ans plus jeune que moi et toute sa famille.

Dans les prochains jours, nous entamons la partie plus mythique de la Pamir Highway avec ses paysages, ses passages fabuleux et parfois angoissants.
..









samedi 12 décembre 2015

.. Tout au long de la Pyandzh River

Près de 150 photos pour une seule journée, autant dire que c’est une journée sensation et restituer toutes les émotions de cette journée est un exercice particulièrement délicat. Pendant les 2 premières heures, la vallée est large, sur la piste pas mal de poussière. Le soleil luit. De l’autre coté de la Pyandzh River, c’est l’Afghanistan. A intervalles réguliers, il y a des contrôles militaires et des patrouilles le long de la piste. En face, il y a également des pistes ou circulent de rares véhicules. Sans être stressant, la tension est perceptible.

Progressivement la vallée devient plus étroite avec des aplombs de plus de 1000 M. Le GPS a d’ailleurs a de la difficulté pour capter les satellites entre les montagnes. Il indique la position avec une approximation de 110 m alors que dans une configuration ordinaire la précision est de 3M. Je commence à rencontrer des cyclo-touristes hollandais, Ukrainien et Danois. Ils ont fait transporter leur vélo par avion et camion. La route longe le fond de la vallée qui se prête bien à un tel tourisme.   Le long de la route, la rivière a créé des méandres et des bancs de sable au pied des aplombs des montagnes. En observant attentivement la photo, la route est observable au pied de l'apic. Sur les parties plates, la nature reprend avec quelques espaces arborés.
La route reprend..


Plus loin, la vallée est réellement resserrée. La  piste surplombe légèrement la rivière et offre un magnifique poste d’observation pour les militaires. Je suis autorisé à y aller et prendre des photos en face pour autant que je ne prends pas de photos de militaires. Je prends des photos au travers des meurtrières.
Il est temps de repartir..




vendredi 11 décembre 2015

..A plus de 2000 m. il fait chaud et l'herbe est verte.

Sur la route, deux jeunes me font signe de m’arrêter. Ils semblent garder un troupeau. Il fait chaud et n’ont plus rien à boire. Leur gorge est asséchée par la poussière. J’ai quelques réserves et je leur donne une petite bouteille avant de reprendre la route.

Dans un tel voyage, il convient de limiter les pertes de temps intermédiaires et répétitifs, notamment en évitant de charger et décharger la moto même s’il est difficile de faire autrement. En général c'est trois trousses ou sacoches, mais ce soir ce sera la tente..car il y a peu d'habitations dans cette vallée entre le Tajikistan et l'Afghanistan. Les paysages sont sublimes avec de forts contrastes de couleur.
Parfois la piste est large.. mais il y a aussi des passages encaissés et étroits..et sans barrière de sécurité.


L’autre contrainte est celle de la lumière diurne, c'est-à-dire qu’il convient plutôt de rouler tant qu’il fait jour et de commencer à chercher un lieu où dormir avant la tombée de la nuit. Le problème n’est pas temps le fait de rouler de nuit mais celui de trouver un endroit où dormir. La question immédiate est de dire pourquoi ne pas réserver à l’avance. En théorie c’est la solution idéale, mais durant un tel voyage, il y a beaucoup d’impondérables comme
des sollicitations, des arrêts pour prendre des photos, pour visiter des sites ou plus simplement discuter avec les gens. Ainsi à Istanbul un petit déjeuner a duré trois heures. Dans ces conditions, l’objectif est d’optimiser au maximum la lumière du jour en calant son rythme de vie sur celui du soleil; de son lever et de son coucher. Faute d’avoir les cartes du pays, l’écran du GPS est calé sur ces paramètres qui me permettent de gérer mon temps. Hier le lever du soleil était à 5h38 et le coucher à 19h33. Le système s'ajuste en fonction de la géolocalisation.

C’est à peu près l’heure où j’ai commencé à chercher. Pas de village, ce soir ce sera la tente. Çà tombe bien. Il y a un petit carré de verdure avec de l’herbe tendre. Je plante la tente.
Un camion sera garé à côté. Avec le chauffeur et son mécanicien nous partagerons le repas du soir. Au menu du saucisson, (viande de mouton) ,des chapatis et des poires. Au petit matin, comprendre 5 h du matin, je mets le nez en dehors pour constater que l’espace herbeux que j’avais choisi est vert parce qu’il est bien arrosé. En effet, autour de la tente tout l’espace est inondé. L’eau provient d’un ruisseau canalisé qui a débordé durant la nuit. Pas facile donc de sortir de la tente. Fort heureusement je n’ai sorti que peu de choses et rien n’est mouillé. Le tapis de sol est en imperméable. Je sors pieds nus .. puis mets à sécher la tente au soleil qui commence à poindre. Un berger me rejoint, Il signe le guest book et me tends un chiffon pour essuyer le tapis de sol. Je m’en sors plutôt bien.
La route continue. Beaucoup d’émotion dans les paysages. Aucune lassitude avec de nouveaux paysages avec de nouvelles sensations dans des vallées beaucoup plus étroites.



.. la mauvaise surprise...

Comme j’ai eu l’occasion de le mentionner, si l’on excepte le passage du col, ces dernières semaines furent plus dominées par la canicule que la fraîcheur. Pour ne pas perdre de temps à faire et défaire mon paquetage, j’avais décidé de ne pas sortir le duvet d’autant qu’hier soir, il faisait encore assez chaud. Durant la nuit, cela s’est singulièrement rafraîchi si bien que j’ai attrapé une couverture.. et de fait je me suis réveillé assez tôt ce matin. Vite un thé et il est temps de partir tôt à la fraîche. Il est 5h28 du matin.  Les larges lacets s’enchainent.. et rapidement des premiers trous apparaissent sur la chaussée asphaltée mais le pilotage reste assez agréable. Puis progressivement c’est la piste poussiéreuse. Il y a bien quelques rares voitures, mais elles s’arrêtent au niveau de baraquements militaires. 
Après une heure et demie de route et de piste, au détour d’un virage, un contrôle routier. Mais cette fois, ce sont des hommes en uniforme. La barrière est fermée. Je suis invité à me rendre au poste de contrôle en laissant ma moto sur le côté. Comme d’habitude, je montre mon passeport, le visa et les papiers du véhicule. C’est devenu une routine sauf que cette fois ci, cela ne marche pas. L’officier me le fait comprendre mais il faudra attendre qu’un soldat parlant anglais me le traduise. Nous sommes dans une zone frontalière et il faut une sorte de laissez-passer militaire Mon interlocuteur anglophone traduit mes questions à l’officier. Ou puis je l’obtenir ? auprès de quelle autorité?. La réponse est imprécise…ce qui est certain c’est que je dois faire demi-tour et retourner à Kulob à plus de deux heures de route..
A Kulob, je visite plusieurs lieux officiels et à chaque fois, la réponse est négative. Un policier m’indique la cour intérieure d’une maison ordinaire. Un homme balaye la cour et des femmes de ménage discutent. Une fenêtre derrière une grille reste fermée. Un employé l’ouvre mais il ne parle pas anglais. Il referme la fenêtre. Après 10 minutes, une jeune femme apparaît, elle ne parle pas plus anglais mais me donne un téléphone ou quelqu’un me parle en anglais. J’explique mon problème. Il raccroche et me rejoint 10 minutes plus tard. Il me montre sa plaque de police. Il me propose de m’accompagner pour déposer ma demande. Il voulait monter derrière moi mais pas de place. Nous partons dans sa voiture.. avec le Gyrophare jusqu’à un bâtiment militaire. Tout le monde salue mon guide avec respect. Il m’amène dans un bureau et me fait signe d’attendre. Une femme arrive Je lui fais part de mon problème, expose mon périple d’homme âgé. Je viens de franchir les 10.000 km.  Elle fait preuve d’empathie, puis me fait remplir divers papiers et me demande une contribution de 30 Somoni ( moins de 5 USD). J’apprendrais plus tard que mon Buddie à payé 30 USD pour le même document.. Au total mes démarches administratives et le précieux sésame  auront pris plus de deux heures, ce qui est relativement peu comparé aux parcours pour obtenir mon visa turkmène. Il est temps de repartir. L’éclairage et la luminosité sont différents… mais finalement suis plutôt satisfait..


6 heures plus tard, les militaires sont encore de garde. Ils me reconnaissent. Les formalités de copies sur différents cahiers sont rapidement accomplies.. Ça y est je longe la frontière afghane de l’autre coté de la Penjhib River avec des passages ou il vaut mieux laisser la place..aux camions chinois..
Mais de magnifiques paysages ..que je vous laisse admirer...le choix est difficile...ce soir ce sera la tente avec une nouvelle surprise au réveil.. mais ça c'est pour demain..